L’Inami de retour pour de mauvais tours (Giovanni Briganti)

Suite à l’intervention de la ministre fédérale de la santé, Maggie De Block au sujet des quotas inami, le monde politique s’est enflammé. Le président du Comité InterUniversitaire des étudiants en médecine (CIUM), Giovanni Briganti veut remettre en ordre les priorités dans ce  dossier devenu trop compliqué pour la plupart des acteurs politiques. 
« Toutes les affirmations données par la ministre sont vraies… conditionnellement. « 
Formons nous trop de médecins ? Oui… par rapport au quotas imposés par le gouvernement fédéral. Ces quotas ont été déclarés inadaptés aux besoins de la population belge par le Conseil d’etat lors des recours de 2016 contre le concours en fin de première.
Il y a t il trop de médecins en FWB? Oui.. dans certaines spécialités, surtout chirurgicales. Nous manquons par contre cruellement de certains spécialistes (et de médecins généralistes bien évidemment). Une étude de 2015 montre que seulement 43% des médecins partant à la pension seront remplacés d’ici 2025 en FWB. Avec l’examen d’entrée, on tombe en dessous d’un médecin sur 3. La situation est grave. Du côté flamand, la flandre aura remplacé 150% de ses médecins .
Le filtre à l’entree des études est inefficace? Oui… pour limiter les étudiants francophones sur des quotas qui ne correspondent pas à la réalité des besoins du terrain. Par contre l’examen d’entree est très efficace pour sélectionner des mauvais médecins; il s’agit de la pire façon de sélectionner.
Quelles solutions peut on adopter? Il faut immédiatement retirer l’épée de Damoclès pesant sur les étudiants en cours de cursus, y compris les 2 prochaines cohortes rentrant pendant la période de formation du prochain gouvernement. Après, il faut rétablir un cadastre dynamique des équivalents temps plein par spécialité. Seul a ce moment là nous pourrons discuter sélection.
Ce débat mérite de s’arrêter pour garder un système de soins de santé de qualité et accessible à tous.
Le prochain gouvernement aura ainsi la responsabilité de sauver nos soins de santé.. ou de les enterrer.
Article publié dans Le Spécialiste, le 28-01-2019