Sous-quotas de médecins généralistes : on peut faire mieux que ça

Les étudiants ont pu apprendre hier dans la presse que le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles a décidé de relever en première lecture le sous-quota de jeunes médecins qui seront autorisés en 2018 à se spécialiser en médecine générale. Le nombre passerait ainsi de 32% à 43% cette année. Le ministre-président Rudy Demotte a affirmé qu’une réflexion sur la fixation de ces sous-quotas sera étendue aux régions également.

 

Pour rappel, la médecine générale est la spécialisation qui souffre le plus de la pénurie actuelle.

 

Le Comité InterUniversitaire des étudiants en médecine reste perplexe face à une décision qui, certes, constitue une bouchée d’air pour les médecins généralistes qui recevront plus de confrères que d’habitudes d’ici quelques mois ; nous voulons cependant tirer la sonnette d’alarme sur la prétendue efficacité de cette mesure.

 

Premièrement, même si nous considérons que la décision prise par la Fédération Wallonie Bruxelles reste courageuse, cette mesure reste une solution de sauvetage qui ne sera pas à même de combler le manque de généralistes en communauté française de Belgique : il faudrait maximaliser le nombre de places en médecine générale pendant une longue période avant de commencer à soigner une plaie qui n’est que trop profonde dans notre système de soins. Nous reconnaissons que ceci est le maximum que le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles puisse faire avec le peu de compétences qui lui sont confiées en matière de santé publique.

 

Deuxièmement, le gouvernement fédéral met en œuvre des décisions créant un contexte toxique pour cette mesure : nous rappelons en effet que les quotas INAMI ne sont pas adaptés aux besoins de la population : de ce pas, dans quelques années certains services hospitaliers seront obligés de fermer leurs portes ou engager des médecins étrangers en grand nombre pour survivre la lourdeur de la charge administrative et du nombre grandissant de patients. La mesure des sous-quotas doit donc s’accompagner impérativement d’une augmentation drastique des quotas INAMI francophones pour combler le manque de médecins généralistes tout en assurant une force de travail équilibrée en hospitalier.

 

Troisièmement, malgré ces constats véridiques et inquiétants, il n’y a aucune volonté du gouvernement fédéral de former plus de médecins du côté francophone. Nous rappelons en effet, que malgré l’installation de la pénurie confirmée par l’étude Deliege (43% des médecins francophones partant à la pension seront remplacés d’ici 2025) un examen d’entrée est mis en place cette année. Si cette sélection s’accentue dans le futur, cela aggravera les estimations faites en 2015 (passant de 43% à moins de 30%). La solution des sous-quotas s’inscrit donc dans un cadre non fertile qui ne lui permettra pas d’atteindre pleinement ses objectifs primaires.

 

Dans une situation ou deux tiers de la force médicale sera partie d’ici 7 ans, nous avons besoin plus que jamais de décisions politique courageuses et scientifiques pour garder en Belgique francophone un système de soins de santé de qualité, humains et performants.

 

Pour le CIUM,

 

Giovanni Briganti

Co-Président

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